Nous partons à quinze
heures à Faro pour prendre le véhicule de location Hertz à l’aéroport. Le trafic
est plus dense qu’à l'accoutumée et la traversée de Olhão se fait au ralenti. Nous
arrivons à destination environ une heure plus tard. Valentyna nous accueille
chez Hertz. Ses ongles montrent un vernis noir joliment décoré à chaque doigt. Son masque et la protection en Plexiglas nuisent à la compréhension
de ses propos. Patrick mène la conversation. Les règles de location varient d’un
pays à l’autre, même en utilisant le même loueur. J’utilise de temps à autre le
traducteur vocal de l’iPhone. Valentyna établit le contrat et nous montre sur
un iPad les deux modèles disponibles en boîte automatique. Un surclassement que
nous aurions préféré éviter nous attribue une Mercedes blanche. La petite
voiture proposée en seconde option, une Fiat 500, est inadaptée. Nous voyons le
coffre ouvert d’un même véhicule loué par deux jeunes femmes belges de Namur. Il
est plus petit que celui de la Cuore. Nous bavardons un court instant avec la
jeune femme qui s’affaire dans le coffre. Sa compagne est assise sur le siège
passager. Elles arrivent de Belgique, où l’atmosphère est étouffante, et sont
enchantées de se trouver au soleil au Portugal. Valentyna nous montre sur la
tablette les petites blessures sur la Mercedes, entourées d’un cercle noir. Une
petite balafre sur la porte arrière droite, oubliée, est signalée par Patrick. Une
autre employée nous montre le fonctionnement du véhicule. La commande des
vitesses est située au volant. Les modes d’emploi disparaissent progressivement
des boîtes à gants. Les phares fonctionnent automatiquement, sans contrôle de
notre part. Avec la robotique, nous avons accès à peu de choses finalement. Un
collègue, non masqué, grand et barbu, s’installe sur le siège passager pour
régler en français le GPS de la voiture. Il bataille moins que sa collègue et
parvient assez rapidement à effectuer le réglage. Il m’assiste pour entrer l’adresse
de chez nous. Nous le remercions chaleureusement. Comme il est impossible de
laisser notre voiture dans le grand parking, nous revenons avec les deux
véhicules. Je suis Patrick qui conduit la Cuore. À mi-parcours, à force de freiner
trop souvent, pour préserver mon genou,
j’utilise le Tempomat qui me permet de ralentir au volant sans avoir à freiner.
Nous arrivons chez nous un peu après dix-huit heures. Un smoothie banane, kiwi
baby et datte est préparé. Une pause-thé précède la promenade quotidienne qui
nous emmène à Fonte Santa. Nous suivons le sentier de la estrada do Chaparreiro qui aboutit vers la plantation au bâtiment
inoccupé. Un arbre magnifique se fait photographier avec des figuiers de
Barbarie au premier plan. Le soleil se couche lentement et le ciel se pare de
nuances de rose et d’isabelle. Au début de l’estrada dos Álamos, près
de chez nous, une dernière photo montre d’autres nuées colorées avec cette fois
un arbuste épanoui aux fleurs roses…






